• Le lavoir

Le « Weschbrunne » inauguré
après un considérable chantier de restauration

     Le lavoir de Weislingen a été redécouvert lors d’un chantier d’été visant à dégager une servitude communale. L’idée de restaurer le Weschbrunne et ses alentours, envahis par la nature qui durant des années y avait repris ses droits, fut immédiate, et sa réalisation, grâce à l’engagement des bénévoles et des conseillers municipaux, a conduit à la fin des travaux au courant de cette semaine.
     Le maire a présenté et remercié les bénévoles qui se sont engagés sans compter ni leurs efforts, ni leurs heures, tout en bravant les fortes canicules estivales.

     Pour fêter la fin des travaux du Weschbrunne, la municipalité de Weislingen a invité les habitants à son inauguration. Invitation qu’une centaine de villageois de tous âges ont honorée de leur présence, pour se retrouver ce samedi 12 septembre 2026 autour de leur nouveau lavoir. Un chantier estival hors du commun pour sauvegarder le patrimoine communal et transmettre la mémoire.
     Lors de son discours, le maire Marc Burger a évoqué la chronologie des travaux commencés le 11 juillet : « Nous avons découvert les pierres éparpillées sous la végétation que nous avons coupée. Envahies par les mousses et les lichens, elles ont dû être brossées à la main une à une afin d’en reconstruire les murs avec plus de précision et de stabilité. Les bénévoles et les conseillers municipaux se sont impliqués sans relâche, sans compter les heures ni les efforts et surtout en bravant les canicules, afin de redonner vie à ces pierres anciennes. »
     Cet ancien lavoir était utilisé à l’époque par les habitants pour laver leur linge. Des opérations de nettoyage doivent se poursuivre « afin de rendre les deux auges en grès plus visibles et accessibles. » Et le premier magistrat de préciser : « Nous n’arriverons pas à lui redonner son aspect d’origine, mais l’idée est de sauvegarder ce patrimoine culturel local et d’accomplir notre devoir de transmission aux générations futures, de notre mémoire, de l’identité, de l’héritage et de l’âme de Weislingen. Ce havre de paix est désormais à protéger et à entretenir ensemble. »
Les Dernières Nouvelles d’Alsace – 20 septembre 2026 – Photos Freddy Schaeffer

Pourquoi des lavoirs ?

     Autrefois, la lessive était effectuée à partir d’un point d’eau, fontaine, mare, étang, cours d’eau. Sur les rives de toutes les rivières de France, on pouvait donc rencontrer des lavandières qui se servaient d’une planche à laver, d’une petite caisse pour s’agenouiller près de l’eau, d’une planche à frotter et d’un battoir qu’elles transportaient dans leur brouette lourdement chargée. A genoux, avec des gestes immuables, elles savonnaient, battaient, malaxaient, roulaient et essoraient leur linge sur les bords de la rivière. Les inconvénients étaient évidents, les habitants qui venaient s’approvisionner en eau pour leurs tâches domestiques y trouvaient une eau souillée.
     Fin du XVIIIe siècle et début du XIXe un besoin d’hygiène croissant se fit sentir face aux épidémies (choléra, variole et typhoïde). Devant supprimer au plus vite ces causes d’infection, l’édification de lavoirs s’imposa. La pureté de l’eau devint un impératif. La loi du 3 février 1851 vote un crédit pour subventionner à hauteur de 30 % la construction des lavoirs. L’assemblée législative vote un crédit de 600 000 F le 3 décembre 1851, sous Napoléon III, pour la construction de lavoirs publics. Chaque projet est subventionné à hauteur de 20 000 francs.
     Malgré les sommes à trouver pour compléter la subvention, de nombreuses communes, même modestes, engagent les travaux. La construction est commandée par les municipalités sous le contrôle de l’administration départementale. Les travaux sont mis alors en adjudication, d’où une certaine similitude de conception et de matériaux. Les lavoirs seront utilisés jusqu’à l’arrivée de l’eau courante dans les maisons.
     Contrairement à une représentation très répandue, les femmes ne s’y rendaient le plus souvent non pas pour laver le linge mais pour l’y rincer : le passage au lavoir était en effet la dernière étape avant le séchage. Comme le lavage ne consommait que quelques seaux d’eau, il pouvait avoir lieu à la maison, mais le rinçage nécessitait de grandes quantités d’eau claire, uniquement disponible dans les cours d’eau ou dans une source captée. Les bassins ont un rebord en pierre ou en ciment, ils sont souvent cimentés. Certains bassins sont divisés en deux : une grande partie pour le premier rinçage et une plus petite pour le second rinçage.
Un rôle social important…
     Les lavoirs avaient une importante fonction sociale. Ils constituaient en effet un des rares lieux dans lesquels les femmes pouvaient se réunir et échanger. L’activité de nettoyage du linge était physiquement très difficile. Aussi, le fait de la pratiquer de façon collective la rendait plus facilement supportable : les femmes pouvaient discuter entre-elles, plaisanter, chanter… Des conflits surgissaient également parfois.
     Les lavoirs sont un élément important dans la promotion de la santé publique et de l’hygiène. Ils ont contribué au progrès et au bien-être de la population en simplifiant, un peu, le travail des femmes. La lessive étant une tâche exclusivement féminine, le lavoir était un lieu de sociabilité exclusivement féminin. On estimait souvent l’importance d’un village au nombre de lavoirs qu’il possédait.
     L’utilisation des lavoirs a progressivement été abandonnée au XXe siècle. Il a laissé sa place aux lessiveuses, aux lavoirs mécaniques puis à la machine à laver, à partir de 1950.
Restauration d’un patrimoine de tradition
     Abandonnés depuis plus de 40 ans, ils étaient menacés de destruction. Heureusement leur restauration nous permet de conserver notre patrimoine chargé d’histoires.

Source : https://froideconche.fr

Un battoir qui m’a été offert par une habitante du village
(initiales H M)